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Le télégraphe K5 est né...

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Vous qui nous visitez, aujourd'hui, sachez que nous aavons un autre blog  « Le Télégraphe – K5 », ne cherchez pas de couleurs politiques, ni  d’esprit partisan, il est sans intention, il imprimera sur la toile, tout simplement… Comme le petit Poucet, il cherchera de grands arbres au cœur de la  forêt pour se hisser plus haut et voir plus loin, non pas pour être plus Grand mais simplement pour remonter dans le temps et n’être pas englouti par l’Ogre de l’instant, le Buzz, du moment, le bourdonnement d'un jour. C’est un télégraphe, un  sémaphore, un pigeon voyageur, une fumée pour prévenir au cœur de la jungle, un écho pour porter entre les cimes, une oreille attentive et impartiale au diapason du monde… Porte voix, il sera pour mener plus loin l’écho de la Beauté – de la Force – et de la Sagesse… Alchimie, harmonie, plaisir de dire tout simplement que le Beau existe, que la Force sans beauté n'est pas un levier mais simplement une poussée et que la Sagesse sans force est difficile à acquérir car pour s'extraire du château que forme notre EGO, il faut avoir autant de force que pour naître... N'hésitez pas à nous visiter et  donner vos commentaires pour apporter votre pierre à l'édifice... notre ciel sera alors moins obscure!

Pour nous rejoindre : http://www.letelegraphe-k5.eu

Mercredi 18 avril 2012 3 18 /04 /Avr /2012 23:08

"Je crois prOfondément que les morts ne sont pas morts. J'ai toujours eu le sentiment que mes proches perdus me veillaient"

«  L'homoparentalité existe, on ne peut donc pas être "pour" ou "contre". Être parent, c'est d'abord une question d'intention, de responsabilité »

 

52.jpeg François Bayrou : "Par la puissance d'amour, nous appartenons tous à la même nature profonde"

 

GRAND ENTRETIEN 1 FRANÇOIS BAYROU

François 
Bayrou

Propos recueillis par 
Frédéric Lenoir et Jennifer Schwarz

mars-avril 2012 - Le Monde des Religions


Parmi les candidats suscep
tibles d'être élus Président 
de la République, François 
Bayrou est le seul à parler sans 
complexe de l'importance de sa foi 
et de sa pratique religieuse. Curieux 
de savoir ce que recouvraient ce 
déclarations publiques, nous avons 
longuement interrogé le président 
du MoDem sur son éducation reli
gieuse, son parcours spirituel, son 
rapport à Dieu, mais également sur 
la manière dont il concilie ses convic
tions religieuses avec la gouvernance 
politique. Fervent adepte de la laïcité, 
François Bayrou s'est fixé une règle

d' or - « ce n est pas parce que vous croyez en quelque chose de tout votre 
être que vous avez le droit de l'impo
ser aux autres » - et en tire des conclusions parfois surprenantes sur 
des grands sujets de société aux 
enjeux éthiques majeurs: l'eutha
nasie, l'homoparentalité, la gestation 
pour autrui, la situation de 
papier .....

Vous avez grandi dans un village 
du Béarn au sein d'une famille de paysans « cultivés », dites-vous. 
Quel rapport le jeune garçon que vous étiez dans les année1950 
entretenait-il avec la foi? À la maison, la religion était large
ment institutionnelle. Au fond, mon 
père était voltairien. Il croyait à un 
grand architecte de l'univers et considé
rait qu'une loi commune était nécessaire 
pour que les individus se comportent 
bien. Dans mon village, on allait à la 
messe le dimanche, mais les hommes 
n'écoutaient rien. Ils bavardaient dan 
un brouhaha perpétuel au fond de 
l'église. Même le curé n'arrivait pas à

se faire entendre. Les femmes, elles 
marmonnaient en lisant leur livre de 
messe, à une époque où celle-ci était 
en latin et où personne n'en compre
nait la substance. Le catholicisme de 
ces générations était le plus souvent 
une religion conventionnelle, une 
religion civile. C'était l'habitus de la 
microsociété villageoise à laquelle nous appartenions. Dans ma famille, qui 
n'avait rien de clérical, qui pouvait même en rire, j’ avais néanmoins une propension à être intéressé par le 
questions de spiritualité. J'aimai 
les silences, la méditation. Plus tard 
le rapport à la conviction religieuse 
de ma femme, de mes enfants aussi, 
m'a amené à une transformation. 
J'ai beaucoup plus la foi aujourd'hui 
que je ne l'avais dans ma jeunesse 
mais cette évolution intérieure s'est 
opérée sans rupture forte, dans une 
affirmation sereine de quelque chose 
qui est devenu crucial dans ma vie et 
dans celle des mien ....

Quel est ce « quelque chose» 
devenu central dans votre vie?

« Le Verbe s'est fait chair et il a planté 
sa tente parmi nous », ce sont les 
premiers mots de l'Évangile selon saint 
Jean. Je donne la traduction littérale 
du grec. Le centre de ce que je crois 
comme homme privé, sans aucune 
compétence ni autorité particulière est dans cette phrase: un Dieu aimant, 
puissance créatrice dont la nature 
est amour, choisit de s'incarner dans 
un homme, dans un visage, et cette 
incarnation, ce choix de Dieu de se 
faire humblement homme, fait que TOUS les êtres humains sont désormais 
dignifiés, libérés et frères entre eux. 
Dieu s'est fait chair et ce qui s'est fait 
chair, c'est le Verbe, l'infini créateur. 
Je ne peux pas regarder le monde sans 
me dire - Descartes l'a écrit avant 
moi - que la création ne s'explique 
pas s'il n'y a pas un élan créateur. 
Quelqu'un a lancé le premier atome. 
Si Big Bang il ya eu, quelqu'un l'a 
initié. Voilà ce en quoi mon esprit 
borné croit. Et par cette puissance 
d'amour, nous tous, nous appartenons à la même nature profonde, 
nous sommes intimement solidaires, 
intimement liés, partie prenante les 
uns des autres.

Ce qu'on nomme, 
dans le christianisme, la communion 
des saints. Nous ne sommes pas des 
individus isolés les uns des autres: 
nous sommes indissolublement liés les 
uns aux autres. Dans le Credo, c'est la 
chose la plus incroyablement émouvante. Si la communion des saints 
est vraie, vous rendez-vous compte des liens que cela tisse entre nous? Il 
n'y a plus ni esclaves, ni étrangers, ni 
même malades. Aussi faible que tu 
sois, tu peux me sauver. Tu es unique 
au monde et précieux. D'un point 
de vue purement anthropologique, 
c'est une révolution, l'entrée dans 
un autre monde. Par ailleurs, il y a 
les intuitions personnelles: je crois 
profondément que les morts ne sont 
pas morts, que leur présence demeure. 
J'ai toujours eu le sentiment que mes proches perdus me veillaient, me 
protégeaient, m'apportaient même 
une aide. Je n'en fais pas prosélytisme. 
C'est une certitude intime, pas une 
opinion.

Priez-vous?

Oui il m'arrive de prier, le plus 
souvent avec les mots humbles des 
prières éternelles - le Notre Père et le 
Je vous salue Marie. Ces prières ont 
été méditées et récitées des milliards et des milliards de fois, souvent dans 
la souffrance ou au seuil de la mort. 
Cela me touche. Je participe à la messe 
mais, comme Charles Péguy - qui 
m'accompagne depuis les premiers 
jours de mon adolescence et m'a 
fait rire toute ma vie -, je suis un 
chrétien du « fond de la chapelle ». 
Je me reconnais dans ses vers: « Et 
contempler de loin votre jeune splendeur. » Dans la cité, je suis un citoyen, 
j'ai des opinions. Dans l'Église, j'ai 
seulement la foi. Cet esprit d'enfance, 
comme disait Bernanos. Cela m'émeut 
comme père de famille, qui a tenu 
des enfants venant de naître dans ses 
mains, sans doute l'expérience la plus bouleversante de ma vie. Quand le 
Père a voulu exprimer quel était son 
lien à nous, il a dit: « Vous n'avez qu'à 
dire,' Notre Père. » Penser que Dieu 
entretient avec nous ce lien-là, ce lien 
de paternité, est magnifique.

Vous êtes-vous intéressé dans votre 
parcours à d'autres religions?

Je m'intéresse beaucoup au judaïsme. Le livre de Job m'inspire et ma famille 
est passionnée de la profondeur du 
judaïsme, du sens du shabbat. Ma 
jeunesse, c'est la découverte des résonances entre les différentes traditions 
spirituelles.

Job vous a-t-il inspiré lors votre dernière traversée 
du désert au soir de la dernière élection présidentielle?

Ne confondons pas les désagréments 
de la vie politique, inévitables dès 
l'instant où vous êtes prêt à prendre 
des risques pour ce que vous croyez, 
et le vrai malheur, la maladie, la mort, 
la dépression, le sentiment d'abandon. 
Je n'ai jamais été abandonné. Mes 
enfants ont toujours été là, ma famille toujours là, ma tribu d'amis politiques 
toujours là. Quelques-uns des élus se 
sont éloignés, et la faveur de l'opinion 
aussi, pendant quelques moments, 
mais cela ne m'a jamais troublé.

Certains de vos proches disent 
que vous avez, très jeune, eu la conviction que vous seriez 
un jour Président. D'autres vont jusqu'à évoquer un certain 
messianisme. Vous sentez-vous 
d'une certaine façon prédestiné?

S'imaginer que j'ai rêvé être Président 
quand j'avais 7 ans, c'est n'importe 
quoi. Tout autre chose est la question 
de la mission: il est vrai que je crois, ou que je ressens, que chacun d'entre 
nous a une mission. Vaclav Havel a 
déclaré un jour quelque chose comme: 
« Un homme ne se juge pas à sa capacité 
à réaliser son rêve mais à sa capacité à 
affronter la part de destin qui lui est 
réservée. » Je crois que la jeune mère 
de famille qui élève seule ses enfants 
en travaillant 26 heures par semaine 
au supermarché du coin a un destin et 
une mission autant que Victor Hugo. 
Elle a peut-être même un destin plus 
élevé dans l'ordre de la grandeur, de la 
dignité, de la mobilisation d'énergie 
requise pour l'accomplir. Très jeune, 
j'ai eu le sentiment que mon destin, 
ma vocation, étaient d'ordre politique, 
que je saurais dire au peuple que 
j'aimais des choses qu'il n'entendrait 
pas autrement, que je saurais être 
le porte-drapeau de tous ceux à qui 
personne ne faisait attention. Cela, 
c'est vrai, et c'est une mission que je 
prends au sérieux, qu'il faut affronter, 
porter et dont il faut être digne. Que 
j'aie, par ailleurs, eu le sentiment que 
les miens étaient des humiliés, cela est 
sûr, mais tout cela n'a rien à voir avec 
un quelconque messianisme.

Vous seriez donc plutôt animé par 
un sentiment de lutte de classes ...

Comme j'avais cru à l'élitisme républicain à l'école, j'ai voulu croire à 
l'élitisme républicain en politique. 
r ai eu tout un temps de conformisme 
bien intentionné. Je croyais que si 
l'on était vraiment engagé, si l'on 
travaillait, si l'on ne lâchait jamais, si 
l'on savait rire, se battre, s’exprimer- ce 
qui n'est pas simple pour un ancien 
bègue - on pouvait y arriver et jouer 
un rôle majeur. Il m'a fallu du temps 
pour m'apercevoir que tout cela, c'était 
des contes pour enfants. En réalité, 
derrière l'apparence du débat politique 
classique et des élections, une captation du pouvoir est à l'œuvre, influences 
de proximité sociale, de réseaux d'intérêts économiques, industriels ou 
financiers. Il y a les gens qui en sont, 
et ceux qui s'ébattent autour. Il y a le 
spectacle du devant de la scène mais 
les décisions importantes sont prises 
dans des cercles où le débat politique 
n'a pas accès. Je me suis alors rendu 
compte que j'avais été profondément 
naïf. Gauche et droite participent des 
mêmes influences. C'est la raison pour 
laquelle je suis un adversaire acharné 
du bipartisme. Avec deux partis, il 
suffit aux lobbys de mettre des billes 
sur les deux cases. Aux États-Unis, 
c'est tour le scandale du financement 
de la vie politique par les banquiers 
et les pétroliers, qui tiennent tout le 
monde, les républicains autant que 
les démocrates. Chez nous, ce n'est 
pas différent. L’État est souvent mis 
au service d'intérêts particuliers. Je 
ne l'accepte pas. Je ne donnerai pas 
mon aval à cela. Je ne reconstituerai 
pas ces influences dans les fonctions 
dont j'aurai la charge. Et la garantie est 
absolue, car je n'ai pas de parti assez 
puissant pour concentrer le pouvoir et je crois être un homme impartial. 
L’Etat doit être impartial et rechercher 
la compétence. C'est parce qu'on les a 
obligés à s'inscrire, pour faire carrière, 
dans des réseaux de pouvoir que nos 
hommes politiques, et beaucoup de 
hauts fonctionnaires, sont aujourd'hui 
si profondément détruits de l'intérieur.

La compétence n est pas reconnue, c'est l'allégeance qui prime.

« Vous ne pouvez croire avec la moitié de vous-même », avez-vous 
déclaré. Comment peut-on être un chrétien convaincu et un laïque 
intransigeant lorsque l'on doit se prononcer sur des sujets aux enjeux éthiques immenses 
tels que l'euthanasie, les lois de bioéthique, l'homoparentalité ?

 La laïcité, c'est la séparation de 
la foi religieuse et de la loi civile. 
C'est la reconnaissance d'un principe 
fondamental: ce n'est pas parce que 
vous croyez en quelque chose de tout 
votre être que vous avez le droit de 
l'imposer aux autres. Comme vous 
le savez, j'ai été le premier à affronter 
Nicolas Sarkozy le jour où il a déclaré 
que jamais l'instituteur n'égalerait le 
curé dans la transmission des valeurs parce que l'instituteur n'avait pas 
« donné sa vie », Qu'en sais-tu, et qui 
te donne la légitimité de proférer de 
si grossiers jugements? Sur tous ces 
sujets, en tout cas, j'essaie de chercher l'équilibre le plus juste possible. 
J'ai voté en faveur de la loi Léonetti 
relative aux droits des malades et à 
la fin de vie. C'est une loi exemplaire 
d'humanité, de compréhension. 
Elle prend en compte avec respect, 
intuition et profondeur la volonté 
du malade, de son entourage, l'avis 
des médecins, la nécessité d'une 
délibération collective, le refus de 
la souffrance. Pour autant, je suis opposé à l'euthanasie active ou au 
suicide assisté. Respecter la vie, c'est 
respecter son issue. Il faut néanmoins, 
surtout quand le malade le souhaite, 
interdire tout acharnement et soulager sans trêve la douleur. Quant au 
débat sur l'homoparentalité, je dois 
dire que je ne le comprends pas. 
 L'homoparentalité existe, on ne peut 
donc pas être « pour» ou « contre », 
en débattre. Des centaines de milliers 
d'enfants ont un père ou une mère 
homosexuel (le). Ces parents affrontent 
les mêmes difficultés que les autres 
à élever des enfants. Ils font aussi 
bien qu'ils le peuvent, et l'éducation 
n'est facile pour personne, hétéros ou 
homos. Concernant l'adoption, en 
France, elle est ouverte aux célibataires. 
Avant d'accorder ou non son agrément, la puissance publique doit-elle 
aller vérifier l'orientation sexuelle des 
adoptants? En tant que président de 
Conseil général, je m'y suis toujours 
opposé. D'une certaine manière, cela 
ne regarde personne. L'adoption par 
des parents homosexuels existe donc. 
Il ne reste donc plus qu'une seule 
question: la parentalité. Doit-on 
reconnaître le lien entre un enfant et 
son parent non adoptant? Ma réponse est oui. Être parent n'est pas qu'une 
question d'ordre biologique. C'est 
d'abord une question d'intention, 
d'attention, de soin, de responsabilité. [Enfant doit être protégé en 
cas de décès du parent adoptant. 
Probablement, par le passé, ai-je été 
moins ouvert sur ces questions. Puis 
j'ai compris que la vie se fraie toujours 
un chemin. Dans un barrage, il y a 
toujours une fissure où l'eau passe. 
J'ai pensé contre moi-même et cela 
m'a permis d'évoluer.

Allez-vous jusqu'à défendre 
l'aide médicale à la procréation pour les femmes homosexuelles 
et la gestation pour autrui, 
pratiques encore interdites sur notre territoire?

Pour l'instant, les femmes qui veulent 
avoir un enfant par insémination 
artificielle vont ... en Belgique. Je ne 
vais pas considérer comme un crime 
un geste qui se pratique en Belgique! 
C'est de la vie qui vient, je ne vais pas 
la repousser avec des cris d'horreur! La 
gestation pour autrui? Bien sûr, c'est 
infiniment troublant, notamment si 
c'est acheté. Mais une fois que l'enfant 
est là, on ne peut pas en faire un sans- 
famille, ou un apatride! Seul l'intérêt 
de l'enfant doit primer. C'est l'intérêt 
de l'enfant que je regarde d'abord, que 
je regarde en premier.

Donner ou non le droit à un enfant 
- né d'un donneur anonyme - 
d'avoir un jour accès à ses origines, 
est-ce une question d'ordre 
métaphysique pour vous? 
Comment y répondez-vous?

C'est une question très douloureuse 
et très complexe. J'ai vu souvent ce 
que cette recherche a de profond, 
d'obsédant, empêchant littéralement 
de penser à autre chose ... Et en même temps, la mère biologique, elle, a cru 
à la parole de la société qui lui disait: 
« Portez l'enfant et nous l'élèverons. » 
En tout cas, toute recherche ne peut 
se faire qu'avec l'accord de la mère 
biologique.

Sur la question de l'immigration 
et des sans papiers, on vous 
reproche (comme sur d'autres 
sujets) d'en rester à des positions 
de principe. Concrètement,

si vous étiez élu Président de la 
République, que feriez-vous 
vis-à-vis des sans papiers présents 
sur notre territoire et quelle politique d'immigration mettriez- 
vous en œuvre?

Je suis pour la régularisation des 
sans-papiers lorsqu'il y a insertion 
dans la société française, lorsqu'ils 
travaillent, parlent la langue et paient 
leurs impôts. Il faut reconnaître la 
vérité de leur situation dans la société 
française. C'est la misère qui amène 
les gens. Ceux qui luttent contre 
l'immigration doivent d'abord se 
battre pour le développement des 
pays pauvres. Mais il faut défendre 
des règles de précaution pour maîtriser 
cette immigration.

On assiste à une radicalisation de 
certaines minorités. Quel doit être 
le rôle des pouvoirs publics face aux 
revendications communautaires?

Le premier rôle des pouvoirs publics 
est celui de l'exemplarité. Je ne participe 
pas aux manifestations communautaires, par exemple au dîner du Crif, 
non pas que je n'aime pas le judaïsme 
- je l'aime profondément - mais parce 
que mon idée de la République, c'est 
qu'on s'adresse aux citoyens en tant que citoyens, pas en tant que juifs, 
chrétiens, musulmans ou athées. En 
tout cas dans les rencontres publiques. 
Toute rencontre privée est bienvenue. 
Mais les politiques en rang d'oignon 
pour rechercher les suffrages de telle 
ou telle communauté, vraiment, cela 
me heurte. Et je crois que cela heurte 
profondément nombre de juifs, nombre 
de croyants des autres religions ou de 
rationalistes. Les symboles comptent 
beaucoup. De même quand j'assiste 
à une messe en tant que représentant 
de l'État, je ne communie pas, ni ne 
m'agenouille. ]' Essaie d'avoir la même 
attitude dans une mosquée, une synagogue, un temple ou une église.

Vous illustrez bien la différence 
opérée par Max Weber entre 
l'éthique de conviction et l'éthique 
de responsabilité. Mais en ce qui concerne ces revendications 
communautaires, que proposez-vous 
concrètement?

Je veux respecter les sentiments des 
gens. Je suis opposé, par exemple, à 
la décision qui interdit aux mamans d'accompagner des groupes d'enfants 
dans les sorties extrascolaires quand 
elles portent le foulard. Songez à ce 
que ressentent leurs enfants! Et si des 
femmes, pas seulement musulmanes, 
veulent un créneau pour aller à la 
piscine sans être vues par des hommes, 
cela ne me gêne pas. Beaucoup de 
femmes, en raison de leur physique, 
ont envie d'être tranquilles. Personne 
n'a imposé la mixité du hammam! 
Soyons compréhensifs et généreux. On 
ne va pas faire une loi pour mettre de 
la nourriture casher ou halal partout, 
et pas davantage pour l'interdire. Une 
société, c'est comme une famille. 
Quand l'un de ses membres a une 
pratique ou une réticence alimentaire, 
on tente de trouver dans le menu 
quelque chose qui convienne à tous. 
Il faut être équilibré, raisonnable et 
les pieds sur terre. Faire flamber des 
passions sur ces sujets c'est un grand 
danger pour la société française. Et 
cela, je le dis en tant que défenseur 
d'une laïcité intransigeante. •

Propos recueillis par 
Frédéric Lenoir et Jennifer Schwarz

mars-avril 2012 - Le Monde des Religions

 

Par mouvement-democrate-cluny - Publié dans : SAGESSE POUR 2012 - Communauté : Mouvement Democrate
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  • : 15/02/2011
  • : Le blog de Mouvement Democrate Cluny
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  • : Réfléchir et Agir de manière a toujours augmenter le nombre de choix possibles. Mettre en mouvement la Démocratie, faire que l'Homme soit au Centre. Partager, Echanger, Rapprocher, Concilier, Fédérer. Vigie Citoyenne et Démocrate. Valoriser et promouvoir notre art de vivre ensemble. Initier une nouvelle Dynamique ici et maintenant. "Dieu a tiré la Terre du Néant comme il a tiré le un du zéro pour créer la multitude" citation gravée sur le fronton de l'école à Crotone..." Sapere Aude
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