COMPTEUR

Publié par mouvement-democrate-cluny

Nous avons constaté dans le dernier volet que sous l’Ancien Régime, les famines étaient engendrées, la plupart du temps, par des conditions météorologiques défavorables au développement et aux récoltes des grains : pluies excessives ; grands hivers. Et inversement échaudage/sécheresse, l’un et l’autre étant nés notamment des canicules.

Nous nous sommes quittés avec le terrible et mortel hiver de 1709/1710.

Avec cet article voir les volets précédents

 

Voyons ce qui s'est passé par la suite.

En 1718-1719, chaude saison caniculaire, les rivières devenues trop basses, infectées de microbes et de bacilles divers provoquent une grosse mortalité, causée par la dysenterie et diverses infections. Ce seront 450 000 morts supplémentaires (ramené à notre époque, cela ferait  1 400 000 morts).

famine


À nouveau un hiver froid en 1729, la Méditerranée gèle au bord des côtes.
Nouvel épisode en 1740, grosse disette, suite à des saisons pluvieuses et froides, de là naîtra l'expression "Je m'en fous comme de l'an 40".
Janvier 1748, les charrettes traversent le Rhône gelé entre Beaucaire et Tarascon.
Janvier 1766, nouvel hiver froid, en janvier la mer gèle à Adge, le Rhône gèle en Languedoc.
Le Rhône gèlera de nouveau en Languedoc, en 1768 et 1776.
1787, très fortes pluies à l'automne, préjudiciables aux semailles.
1788, canicule, les blés "cuisent" sur pied, des orages violents avec grêle détruisent les moissons au nord de la Loire (grêlons de 9 à 10 cm de diamètre brisent les vitres, tuent les animaux de ferme).

famille paysans


Hiver 1788-1789, nouvel hiver froid, la Méditerranée gèle à Marseille, le Rhône en Languedoc, le petit peuple a très faim et très froid. Les récoltes ont été partout mauvaises, les prix montent en flèche et les salaires baissent.
1789, la crise économique ne fait qu'accentuer l'inégalité entre les privilégiés et les non-privilégiés. Les nobles et les riches bourgeois peuvent se permettre de spéculer sur la hausse des prix et de s'enrichir encore de cette pénurie tandis que les pauvres ne sont que des victimes mourant de faim.ble
A paris sur une population de 660.000 habitants on compte plus de 60.000 mendiants.
Un peu partout en France, des troubles populaires voient le jour. Le prix du pain est au plus haut.
Début juillet des émeutes éclatent, le 13  les réserves de grains des couvents sont pillées.

Marie Antoinette
Bien des gens attribuent faussement à Marie-Antoinette une boutade cynique : « S’ils n’ont pas de pain, qu'ils mangent de la brioche ! »
Le 14 juillet les émeutiers prennent la Bastille.  La révolution est en marche.

Prise de la Bastille

 

La canicule de 1788 se répétera en 1811 et 1846, provocant une sécheresse anti-céréalière.
Les mauvaises moissons de 1846 (les récoltes baissent d'un tiers), raréfaction des pommes de terre, vont a nouveau créer la cherté du pain et la sous-alimentation des populations pauvres et une crise économique, conduiront à une nouvelle révolution et à la chute de Louis Philippe en 1848.

Louis-Philippe

 

Par la suite, malgré des étés chauds, l'agriculture ne sera plus au centre de l'économie.

De nos jours les étés très chauds se manifestent de plus en plus : 1947, 1976, 2003 (décès de 15 000 personnes âgées) et 2006, mais sans oublier le sévère hiver de 1956.

disette

Le premier semestre 2011 semble vouloir reproduire sécheresse et canicule, perturbant à nouveau les récoltes céréalières et l'élevage.
Ne risque-t-on pas de voir la spéculation sévir sur les produits alimentaires et faire la cherté des denrées. La crise économique et la mondialisation aidant, les pauvres seront à nouveau victimes.

 
Le XXIe siècle, compte tenu de la présence du CO2, plus présent que jamais, sera-t-il  un siècle de canicules à répétition ?

 

 

Les astronomes américains nous disent que le soleil devrait entrer en hibernation.

Voici l'extrait publié par AFP - 15/06/2011

soleil

Le Soleil devrait connaître une longue période inhabituelle de très faible activité, selon trois recherches dévoilées mardi aux Etats-Unis, ce qui pourrait affecter le climat terrestre

 

Des astronomes américains ont observé une diminution des taches solaires et un ralentissement de l'activité près des pôles, des signes que le Soleil s'achemine vers une période prolongée de calme plat.
Alors que le cycle actuel du Soleil, le 24e débuté en 2008, commence à accélérer son activité vers un maximum qui se mesure en nombre de taches, des recherches sur l'activité intérieure de l'astre, de sa surface visible et de sa couronne laissent penser que le prochain cycle pourrait être très calme voire inexistant, selon des scientifiques du "National Solar Observatory" (NSO) et de l'"Air Force Research Laboratory".

"Si nous ne nous sommes pas trompés, le cycle actuel pourrait être le dernier d'activité solaire maximum que nous verrons avant plusieurs décennies", souligne Frank Hill, directeur adjoint du NSO, en commentant les résultats de ces recherches. Il est le principal auteur de l'une d'elles.

Qualifiant ce phénomène de "très inhabituel et d'inattendu", l'astronome a estimé que cela "affecterait un grand nombre de choses, de l'exploration spatiale au climat terrestre".

Ainsi, dans le passé, une faible activité magnétique solaire prolongée a coïncidé avec des glaciations sur notre planète. Pendant ces périodes, l'atmosphère terrestre se refroidit et se contracte et les tempêtes magnétiques près des pôles (aurores boréales), des phénomènes qui peuvent perturber les systèmes de communication terrestres, se raréfient.

"Le fait que trois observations totalement différentes du Soleil pointent dans la même direction est une solide indication que le cycle des taches solaires pourrait s'acheminer vers une hibernation", ajoute Frank Hill.

Les résultats de ces études ont été dévoilés à la conférence annuelle de la division de physique solaire de l'American Astronomical Society, réunie cette semaine à l'Université du Nouveau-Mexique (sud-ouest).

Le nombre de taches solaires s'accroît et retombe tous les onze ans environ (durée d'un cycle), ce qui correspond à la moitié de la période à la fin de laquelle les pôles magnétiques s'inversent.

La première question est celle de savoir si ce ralentissement de l'activité solaire présage d'un second "Minimum de Maunder", une période de 70 ans de 1645 à 1715 sans aucune tache solaire et durant laquelle l'Europe a connu un petit âge glaciaire.

Matt Penn et William Livingston de l'Université Cornell (New York) ont constaté une tendance à long terme d'affaiblissement des taches solaires et prédit que les éruptions dans le champ magnétique du Soleil lors du prochain cycle seront si faibles que très peu de taches se formeront, voire aucune.
Ces taches résultent d'éruption de flux magnétiques provenant de l'intérieur du Soleil et qui empêchent des gaz moins chauds en surface d'y retourner.
Pour qu'une tache se forme, le champ magnétique solaire doit avoir une force minimum de 1.500 gauss (unité de mesure électromagnétique). Or, selon ces chercheurs, la force moyenne du champ magnétique solaire a diminué de 50 gauss par an depuis treize ans et va tomber au-dessous de ce minimum.

Mais selon Georg Feulner du Potsdam Institute en Allemagne, une forte réduction de l'activité solaire ne compensera pas le réchauffement lié aux émissions de CO2 résultant des activités humaines.
Il a calculé dans une récente étude qu'une période similaire au "Minimum de Maunder" ferait baisser les températures de 0,3 degré Celsius, or la hausse attendue d'ici la fin du siècle par le groupe intergouvernemental d'experts de l'ONU sur le climat (Giec) est de 3,7 à 4,5 degrés"

 

Que nous réserve le climat dans les prochaines décennies ? Allons nous griller ou grelotter ?

 

herisson-1   Le hérisson

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