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COMPTEUR

Publié par mouvement-democrate-cluny

Si vous portez un intérêt particulier à la généalogie, ou êtes tenté par cette discipline, au fil de vos recherches, surtout si vous remontez dans votre ascendance vers le XVème siècle, vous constaterez, en dépouillant les registres paroissiaux,  que certaines années, ou décennies, il y a une forte mortalité chez vos ancêtres !

 

Qui était le coupable : Déjà "LE CLIMAT"


Au fil des époques, la France (et l'Europe) vont subir des périodes de froid et de chaleur.
Ces variations de climats vont provoquer famines et maladies mortelles.

 

Le mot "famine" est apparu vers 1170 et est dérivé du mot "faim", à ne pas confondre avec "disette" signalant une situation de pénurie moins grave.


famine 2Les famines au Moyen Âge interviennent lorsque les récoltes sont mauvaises, en particulier pendant la soudure. Le facteur météorologique est aggravé par la guerre et le passage dévastateur des soldats dans les champs (comme durant la guerre de Cent Ans). Les pauvres sont toujours les plus touchés

Avant de disséquer ces périodes, arrêtons nous sur une en particulier, qui avait attiré mon attention, lors de mes recherches généalogiques.

Louis XIV inaugure à peine son règne personnel que les courbes de mortalité s'affolent dans un grand quart nord-ouest de la France. La crise de 1661-1662, appelée « crise de l'avènement », est multiforme. Après une récolte médiocre en 1660, les pluies continuelles du printemps et de l'été 1662 compromettent la moisson. Les prix flambent.
Les plus déshérités affluent vers les villes, où, d'ordinaire, les secours sont mieux organisés, mais les autorités municipales, dépassées, cherchent à les renvoyer dans leurs paroisses d'origine selon la formule « à chacun ses pauvres ». Ces mouvements de population favorisent les épidémies. Les maladies sévissent : scarlatine et rougeole ; s'y ajoutent la variole, la dysenterie, la typhoïde.

 

Dès l'automne de 1661, les curés multiplient les inhumations

Actes de décès d'avril 1661

Beaucoup signalent des victimes, il s'agit de morts de faim et de misère, dans des conditions d'hygiène déplorables, et sans assistance médicale. Des familles disparaissent, et pas toujours les plus pauvres. Dans de nombreux villages, le nombre des morts triple entre l'été de 1661 et celui de1662. Des conditions atmosphériques plus clémentes ramènent le calme dès l'automne.

 

Trente années se passent sans pointes de mortalité inquiétantes, sans sursaut du prix du blé, sans graves épidémies. Les années 1662-1691 paraissent fastes au regard de ce qui attend la population française dans les quinze années qui suivent.

Déjà l'hiver de 1691-1692 a été froid ; à Paris, il gèle du 13 décembre au 22 février. Au printemps de 1692, la végétation des blés prend du retard ; il pleut sans discontinuer en juin et en juillet. La moisson, commencée en août, est interrompue, et septembre bat les records d'humidité. Partout les blés germent dans les champs et la moisson ne s'achève qu'au début d'octobre, triste moisson en qualité comme en quantité ; on est contraint de faire sécher les blés dans les fours. Une hausse sensible des prix se produit malgré quelques stocks qui restent de la moisson de 1691.


La grande famine de 1693-1694 due à un printemps et un été trop pluvieux en 1692, Le même scénario se renouvelle en 1693 ; toutes lesfamine3 terres n'ont pu être ensemencées à l'automne de 1692, faute de temps. Les pluies de printemps reprennent et l'herbe étouffe les blés. La chaleur éclate vers le 15 août et les blés prennent un « coup de chaud ». On connaît bien cet échaudage qui arrête la végétation alors que le grain est encore laiteux. Les blés mûrissent brutalement et perdent une grande partie de leur valeur nutritive et marchande ; on en tire une poussière noirâtre et nauséabonde qui va tenir lieu de farine pendant un an, engendrant famine et maladies.


taxesA partir de l'été de 1693, la hausse des prix reprend. Partout en France, ils connaissent un triplement et, souvent, un quintuplement. Les impôts divers pèsent déjà très lourd dans le maigre budjet du "petit peuple". Louis XIV essaie de négocier quelques achats de blé dans les pays neutres, mais ces secours arrivent trop tardivement. Un exode entraîne des villages entiers sur les routes ; des inconnus meurent dans des villages qu'ils ne connaissent pas, dans une grange, à l'abri d'une haie, et les curés les inhument en mentionnant « mort de faim et de misère ». Les populations se jettent sur les « nourritures immondes » ; on déterre les corps des animaux morts ; on confectionne du pain de racine de fougère, on mange le marc de raisin, on retrouve des hommes morts dans les prairies, la bouche pleine d'herbe « comme les bêtes » ; on avale les palettes de sang que les barbiers viennent de tirer aux malades.

C'est la grande purge des miséreux que la cherté du pain jette sur les chemins pour y mendier et qui meurent au hasard de leur errance.

1694, la période la plus dure étant celle de la « soudure », d'avril à juillet, et on achète des sacs de chaux vive pour recouvrir les corps dans les fosses communes. Le bilan est effroyable : plus de 2 800 000 morts en deux ans, au lieu de 1 500 000 morts en temps ordinaire ; la population de la France, qui était de 22 millions d'habitants dans ses frontières actuelles, diminue d'un million et demi parce que les naissances, dans le même temps, ont diminué fortement. 

 



pain 2La base de la nourriture, c'est le pain ; pain blanc, de pur froment, pour les habitants des villes, Paris en tête ; pain bis pour la majeure partie de la population, la plus humble, dont le pain se colore par l'adjonction de son ou l'incorporation de seigle à l'état pur. Pour ceux qui ne disposent pas de céréales en quantité suffisante, il y a le sarrasin, la châtaigne, le millet et le maïs. Un homme adulte, toujours plus ou moins travailleur de force - le machinisme n'existe pas -, mange en moyenne 1,5 kilo de pain par jour ; sa femme, un peu moins ; les enfants autour d'une livre. Une famille de cinq personnes a besoin quotidiennement de trois à quatre kilos de pain, qui, dans les bonnes années, coûte un sou le kilo ; voilà trois ou quatre sous de dépense pour un salaire ouvrier journalier de dix sous environ. Que son prix double ou triple, c'est le drame.

 

Je vous donne rendez-vous dans un prochain article pour la suite …

herisson-1

 

 

 

 

Le hérisson

 



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@idéal 28/04/2011



Les révolutions ne sont  pas toujours la faute à Voltaire, le climat et les conditions de vie participent à l'insurrection, ils appuient souvent les idées qui germes alors que ne germent
plus le blé ... pour compléter le props, un livre sort aux éditions MINERVE " enfance et éducation d'un paysan au XVIIIè siècle de Valentin Jamerey-Duval, paysan et témoin de l'époque qui devint
sur le tard professeur à l'Académie de Lunéville... Alors que les salons parisiens de l'époque se pâment dans les jardins, valentin écrit " je me contente d'être ici l'écho de tout un peuple"...
Il décrit le grand froid de 1709, les maladies dont il a souffert, la faim, encore et toujours... Il montre les paysans écrasés par le fisc, qui font saisir les ardoises des toits ... La
reproduction de ce texte, montre le refus de la fatalité des conditions qui germa et entraina la Révolution