Partager l'article ! Climat et Généalogie .... 1709-1710, terrible hiver, enfants et vieillards payent le prix fort, la famine éradique les plus pauvres...!: L'hiv ...

Vous qui nous visitez, aujourd'hui, sachez que nous aavons un autre blog « Le Télégraphe – K5 », ne cherchez pas de
couleurs politiques, ni d’esprit partisan, il est sans intention, il imprimera sur la toile, tout simplement… Comme le petit Poucet, il cherchera de grands arbres au cœur de la forêt
pour se hisser plus haut et voir plus loin, non pas pour être plus Grand mais simplement pour remonter dans le temps et n’être pas englouti par l’Ogre de l’instant, le Buzz, du moment, le
bourdonnement d'un jour. C’est un télégraphe, un sémaphore, un pigeon voyageur, une fumée pour prévenir au cœur de la jungle, un écho pour porter entre les cimes, une oreille attentive et
impartiale au diapason du monde… Porte voix, il sera pour mener plus loin l’écho de la Beauté – de la Force – et de la Sagesse… Alchimie, harmonie, plaisir de dire tout simplement que le Beau
existe, que la Force sans beauté n'est pas un levier mais simplement une poussée et que la Sagesse sans force est difficile à acquérir car pour s'extraire du
château que forme notre EGO, il faut avoir autant de force que pour naître... N'hésitez pas à nous visiter et donner vos commentaires pour apporter votre pierre à l'édifice... notre ciel
sera alors moins obscure!
L'hiver 1709 est un des plus rigoureux dont on ait gardé le souvenir. Le froid sévit très fortement en France, en Italie, en Espagne, en Allemagne, en Angleterre et dans tous les pays du nord. Les fleuves les plus rapides de France, même ceux du Midi, furent entièrement pris. Les mers et les golfes qui baignent les côtes méridionales de l'Italie et de la France furent gelés.
Carte du froid en l'Europe à l'hiver 1709
Nous nous sommes quittés lors de la famine de 1694 (1)
Les 25 ans qui vont de 1690 à la mort de Louis XIV constituent le versant sombre du règne du Roi-Soleil. Les guerres s'enchaînent : celle dite «de la Succession d'Espagne» (1702-1714) vient juste après la déjà très meurtrière guerre de la ligue d'Augsbourg (1689-1697)
Le royaume de France est à l’image du monarque usé et affaibli
Nous arrivons au terrible hiver de 1709
Que se passe-t-il en Royaume de France
L'hiver de 1708 fut très doux, la température atteignit 10° en décembre, personne n'aurait pu penser que les mois suivants seraient si exceptionnels qu'ils plongeraient l'Europe dans le malheur.
La catastrophe, que personne n’a su prévoir, se
produit dans la nuit du 5 au 6 Janvier 1709, un vent fort et froid de nord commença de souffler pendant dix sept jours, si violent qu’un grand nombre de personnes en furent victimes, les
pieds et les doigts des mains gelés, l’on trouva en beaucoup d’endroits des personnes mortes du froid.
A Paris, les températures s’effondrent en quelques heures : on relève sous abri -30°c, chaque matin, dans les rues de la capitale, des dizaines de corps sans vie sont retrouvées, pris par le
gel, la Seine est rapidement prise par la glace, toute la navigation fluviale est interrompue, donc l'approvisionnement coupé.
Cette vague de froid s'étend à toute la France. A Montpellier, il fait -17°c, -20°c à Bordeaux. La Garonne, le Rhône et la Meuse gèlent, les canards sauvages s'attrapent à la main, pattes
gelées.
Dans les campagnes, le désastre est complet. Les sols gèlent sur plusieurs dizaines de centimètres en profondeur. Les semailles de l’automne sont perdues. Des arbres fruitiers, pieds de vigne,
noyers, châtaigniers, il en périt la plus grande partie. Les Ronces, les houx, les genets et tous les arbustes entièrement gelés pourrissent sur place. En Provence les oliviers disparaissent,
gelés. En forêt les chênes éclatent, les troncs se fendent de haut en bas. L'eau gèle dans les puits, dans les celliers, le cidre et le pain également, l'on débite le vin à la
hache.
Des témoignages rapportent que « les corbeaux gelaient en plein vol », les loups et les sangliers ne résistaient pas plus. Les basses-cours et le bétail sont décimés.
Les populations les plus pauvres sont les grandes
victimes de la catastrophe. Dans les masures à la campagne, souvent mal chauffées, les températures ne dépassent pas -10°c, les plus faibles ne survivent pas une semaine.
Lorsque le dégel a lieu en avril, le constat est épouvantable, toutes les récoltes sont pourries, Les seigles et les froments sont presque totalement détruits dans tout le pays. Le 23 avril, par arrêté royal, Louis XIV autorise à semer à nouveau chaque parcelle de terrain. Mais la plupart des cultivateurs laissèrent leurs terres en friche , parce qu'on ne pouvait avoir de semence.
La famine, qui suivit ce désastre, fut terrible.
Les riches furent réduits à manger du pain
d'avoine et les pauvres à brouter, au printemps, l'herbe des prés comme les bêtes. La mort faucha des familles entières. On vit des paroisses perdre les trois quarts de leurs habitants. Comme
souvent en ces moments là, la maladie s’attaque aux organismes affaiblis et mal en point. Ceux qui n'étaient pas morts de faim, durent subir les foudres des grandes épidémies puisque l'été
revenu, tous les vagabonds, paysans et autres gens sous-alimentés et affaiblis qui étaient partis sur les chemins de France pour tenter de trouver de quoi se nourrir et travailler, contribuèrent
à la propagation des grandes épidémies de dysenteries, de fièvres typhoïdes, de scorbut. ou encore de variole, emportant des milliers de personnes. Les vieillards et les enfants payèrent un lourd
tribut aux infections.
Secours du potage à Paris, hiver 1709
Les années 1709/1710 dans les registres paroissiaux : on remarque souvent une multiplication par trois ou quatre du nombre des décès, une baisse sensible du nombre des
mariages et une diminution plus importante encore du nombre de baptêmes (par suite d’aménorrhées ou de dénutrition).
Au XIIè siècle, sur 4 enfants, 1 mourait avant 1 an, le deuxième avant 20 ans, les deux qui restaient, permettaient à la société de se reproduire.
La France subira ainsi une crise démographique sans pareil puisqu'elle perdra plus du quart de sa population entre le premier janvier 1709 et décembre 1710, soit 810 000
habitants sur une population de 22 millions!
Si nous comparons à notre population actuelle, c'est un peu plus de 20 millions de personnes qui disparaitraient !
Pour information : Un de nos lecteurs nous signale la sortie d'un livre aux éditions MINERVE " Enfance et éducation d'un paysan au XVIIIè siècle de Valentin Jamerey-Duval. Il décrit le grand froid de 1709, les maladies dont il a souffert, la faim, encore et toujours... Il montre les paysans écrasés par le fisc, qui font saisir les ardoises des toits ...
Je vous dis à bientôt pour le dernier volet et la Révolution.
Le Hérisson
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