Partager l'article ! LA VIE SUR TERRE... Un regard sur nos "consumations" quotidiennes !: BAUDOUIN DE BODINAT " la vie sur terre" Ces "Réf ...

Vous qui nous visitez, aujourd'hui, sachez que nous aavons un autre blog « Le Télégraphe – K5 », ne cherchez pas de
couleurs politiques, ni d’esprit partisan, il est sans intention, il imprimera sur la toile, tout simplement… Comme le petit Poucet, il cherchera de grands arbres au cœur de la forêt
pour se hisser plus haut et voir plus loin, non pas pour être plus Grand mais simplement pour remonter dans le temps et n’être pas englouti par l’Ogre de l’instant, le Buzz, du moment, le
bourdonnement d'un jour. C’est un télégraphe, un sémaphore, un pigeon voyageur, une fumée pour prévenir au cœur de la jungle, un écho pour porter entre les cimes, une oreille attentive et
impartiale au diapason du monde… Porte voix, il sera pour mener plus loin l’écho de la Beauté – de la Force – et de la Sagesse… Alchimie, harmonie, plaisir de dire tout simplement que le Beau
existe, que la Force sans beauté n'est pas un levier mais simplement une poussée et que la Sagesse sans force est difficile à acquérir car pour s'extraire du
château que forme notre EGO, il faut avoir autant de force que pour naître... N'hésitez pas à nous visiter et donner vos commentaires pour apporter votre pierre à l'édifice... notre ciel
sera alors moins obscure!
BAUDOUIN DE BODINAT " la vie sur terre"
Ces "Réflexions sur le peu d'avenir que contient le temps où nous sommes" est paru chez un éditeur talentueux et courageux : «Editions de l'Encyclopédie des nuisances.»
Lisez le pour le plaisir de la langue et pour cette intelligence qui comme lilith décape le temps que nous vivons et qui regarde au travers du miroir, nos "consumations" quotidiennes ...
Si vous souhaitez rire merci de vous abstenir, si vous souhaitez des prises de consciences vous pouvez oser mais si vous
pensez que Zola, indigné devant se qui se tramait, a interpellé "les dormeurs du val"(1) par son cri indigné "J'accuse", vous pouvez le lire, car à sa façon, ce livre
publié en 1996 et complété en 1999, est lui aussi un cri pour ce XXIème siècle qui, dans la douleur, vient juste de pointer son
nez.
Nathalie SIMON
LA VIE SUR TERRE (quelques extraits pour le message et le style)
"J’ai remarqué aussi que nous ne trouvons plus nulle part à nous reposer. Par cette raison que le repos de l’âme suppose un univers durable autour de soi, essentiellement imperturbable quant à nos péripéties et conservant nos ruines en son fonds abondant ; où les générations circuleraient dans la perpétuité du genre humain et du monde habité : ses paysages, ses mreurs, ses langages, ses villes ; qu’on laisserait après soi à ceux qui sont venus entre-temps, et qui rappellerait nos vies à leur fugitivité, à l’agréable devoir que nous avons de vivre heureusement ce bref séjour "
" Toutes les marchandises émettent des messages subliminaux quand on les manipule sans faire attention et ce n'est pas impunément que l'on porte sur soi une carte bancaire : elle donne la mesure exacte du diamètre de la sphère de subjectivité à l'intérieur de quoi on est autorisé à se représenter sa vie, et à la vivre; aucune impression du dehors ne peut y entrer, ni aucune pensée s'en évader autrement que par ce guichet, c'est-à-dire aucune. "
"Ce précieux morceau de plastique ne contient pas de l'argent, mais l'objectivation de l'être social de son "propriétaire", le
jugement abstrait que la rationalité économique porte sur sa créature et à quoi celle-ci doit s'identifier: elle recevra en échange cette âme morte, cette subjectivité, ce fétiche qui lui permet
d'entrer en rapport avec les autres marchandises et de les comprendre; et de devenir alors comme dans cette histoire fantastique de l'Etudiant de Prague, mais sans l'inconvénient: c'est au
contraire d'être toujours suivi de son ombre qui serait embarrassant. Ne cherchons point hors de nous-même l'éclaircissement. "
"On regarde la télévision en trouvant ça normal, et même marrant. Nous ne prêtons aucune attention à ce qui nous touche : si nous étions encore en mesure de comprendre ce qu'elles signifient, non seulement ce qu'elles nous disent en réalité, mais le fait même qu'il y en ait, les publicités qui sont partout nous épouvanteraient; et ce que nous sommes, il est malaisé de se le figurer autrement que par défaut, pour ainsi dire : le fait par exemple que d'entendre parler de greffes d'organes ne fasse pas dresser les cheveux sur la tête."
"On se heurte partout aux écrans des ordinateurs qui font l'interface entre les hommes et l'objectivité abstraite de l'économie qui règne sur la Terre; les truchements par quoi elle leur parle directement; mais nous n'en éprouvons pas de claustrophobie. On ne voit pas le monde qui est dehors clochardisé, où ne fonctionnent que les infrastructures de l'économie: on vit à l'intérieur des images qu'elle nous fournit."
"Et pour finir même les catastrophes en gros titres sont des stimulants pour les consommateurs, une promesse de levée des inhibitions; ils ne craignent au contraire que d'être privés de ces commotions qui leur font oublier qu'ils sont incapables de se souvenir d'eux-mêmes."
ARTHUR RIMBAUD
C'est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
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