Partager l'article ! Les enjeux des élections présidentielles françaises vus par un Démocrate marocain: LUNDI 23 AVRIL 2012 ...

Vous qui nous visitez, aujourd'hui, sachez que nous aavons un autre blog « Le Télégraphe – K5 », ne cherchez pas de
couleurs politiques, ni d’esprit partisan, il est sans intention, il imprimera sur la toile, tout simplement… Comme le petit Poucet, il cherchera de grands arbres au cœur de la forêt
pour se hisser plus haut et voir plus loin, non pas pour être plus Grand mais simplement pour remonter dans le temps et n’être pas englouti par l’Ogre de l’instant, le Buzz, du moment, le
bourdonnement d'un jour. C’est un télégraphe, un sémaphore, un pigeon voyageur, une fumée pour prévenir au cœur de la jungle, un écho pour porter entre les cimes, une oreille attentive et
impartiale au diapason du monde… Porte voix, il sera pour mener plus loin l’écho de la Beauté – de la Force – et de la Sagesse… Alchimie, harmonie, plaisir de dire tout simplement que le Beau
existe, que la Force sans beauté n'est pas un levier mais simplement une poussée et que la Sagesse sans force est difficile à acquérir car pour s'extraire du
château que forme notre EGO, il faut avoir autant de force que pour naître... N'hésitez pas à nous visiter et donner vos commentaires pour apporter votre pierre à l'édifice... notre ciel
sera alors moins obscure!
Au sortir du premier tour de l’élection présidentielle française, un peu prêt tout le monde en France, de l'extrême droite à la gauche radicale, s'accorde sur un fait notoire : les résultats du scrutin du 21 avril 2012, ont contredit toutes les prévisions sondagières. Bien que les grandes tendances se soient confirmées, à travers l’élection au second tour de François Hollande, du Parti socialiste, et Nicolas Sarkozy de l’UMP, la poussée spectaculaire du front national (FN) est la grande surprise qui risque de peser de tout son poids sur le débat électoral du second tour.
En effet, tout semble indiquer que l'enjeu principal, pour la suite des événements, sera moins de convaincre l’électorat classique de chacun des deux camps que de conquérir le réservoir électoral des sept millions de Français qui ont voté pour le parti de Marine Lepen. Ce qui revient, d’emblée, à empoisonner le débat du second tour par une thématique fallacieuse, susceptible de fausser la perception des vrais problèmes de la France et des Français, ainsi que de celui à même d’y apporter les bonnes solutions.
Pourtant, qu’on se le dise, ce n’est nullement avec un discours de vérité et, encore moins, avec des promesses de sang et de larmes, que l’un ou l’autre candidat réussira à séduire au-delà de son camp. Pour y parvenir, il va falloir, encore une fois, vendre du rêve aux Français qui, par ces temps de crise, en redemandent. Mais quelle que soit la crédibilité du rêve et l’entregent du vendeur, il ne faut pas se faire trop d'illusion sur la capacité de l’un ou de l’autre candidat à l’élection présidentielle à améliorer significativement le quotidien des Français, en l’espace de quelques années.
La France, pas moins que d’autres pays en crise, n'est pas un îlot de bonheur, languissant dans l'attente de l’homme providentiel. Compte tenu de son influence limitée dans l'économie mondiale, l'action effective du prochain président, qu'il soit de droite ou de gauche, ne pourra être que relative et contrainte et ses promesses épuiseront vite leur limite devant les dures réalités du marché : les effets de la crise économique, le destin incertain de l'Europe et une concurrence mondiale peu favorable au «Made In France».
C’est ce discours de vérité qui va vraisemblablement être noyé sous d’étroites considérations nationalistes, voire chauvinistes, d’un autre âge. Certes, François Hollande est toujours le favori des sondages et serait même le candidat idéal du moindre mal - ou de l'illusion de changement. Pour autant, les sept millions de voix du front national seront âprement disputés et, là encore, il faut s'attendre à une redoutable offensive de charme du président sortant et de ses lieutenants, dont son indécrottable «Monsieur FN de l’UMP», l’actuel ministre de l’intérieur, Claude Guéant. Or une telle stratégie, au cas où Sarkozy gagnerait, n’est pas sans péril pour l’UMP, dans la mesure où cela risque de faire perdre à la droite populaire - ou populiste - ce qui lui fait office d’âme humaniste incarnée, et souvent sur jouée, par ces radicaux de droite que sont Jean-Louis Borloo, Yves Jego, Rama Yade et d’autres.
Dans le camp socialiste, le malaise n’en sera pas moins palpable aussi. François Hollande, qui vient d’obtenir le soutien sans condition des écolos et de la gauche radicale, est désormais un homme libre de tout engagement gauchisant et il sait pertinemment qu’il devra ratisser large pour l’emporter sur son adversaire du moment. En d’autres termes, pour que la route de l’Élysée lui soit balisée, il devra tour à tour "Bayrou-tiser" ou droitiser son discours, s'il veut rassembler le plus de français autour de lui, ce qui passe forcément par la séduction de l'électorat du FN. Ah, le monde de la politique est cruel, me diriez-vous, mais c'est ainsi !
Petit motif d'espoir pour les romantiques de gauche, tout comme pour ceux qui veulent clore la parenthèse du sarkozysme : Hollande bénéficie de l’effet du passif désastreux du quinquennat du président sortant. Par ailleurs, il existe, chez les Français, une réelle volonté de changement et le candidat du parti socialiste - à défaut d’incarner le vrai changement dont ont besoin les Français - reste celui qui en représente l’espoir. On verra comment il réagira devant les impondérables de son quinquennat !
Vu du Maroc, c’est une autre affaire. Pour d’autres raisons, l'arrivée prévisible de François Hollande à la tête de l'état français est aussi très souhaitée. Et pour cause, les démocrates marocains nourrissent beaucoup d’espoir dans l’élection présidentielle française eu égard au poids de l’influence française sur leur pays et sur son régime. Tous ceux qui y militent pour l’avènement de la démocratie, depuis le 20 février 2011 à ce jour, au péril de leur vie, de leur liberté et au mépris de tout ce que comptent la France et la Navarre en thuriféraires du régime autocratique du Makhzen - ont été très déçus par les positions du gouvernement français à l’encontre de leur lutte légitime.
Aujourd’hui, ils espèrent et attendent du prochain président français, celui qui incarne, pour eux aussi, un «espoir de changement», qu’il soit fidèle, d’abord à lui-même, c'est-à-dire à une certaine idée de la France, et qu’il n’ait d’autre doctrine, en relations internationales, que celle fondée sur ces fameuses valeurs françaises - hélas, plus galvaudés que traduites dans réalité des faits. Il est temps que la France revienne à elle-même, il est temps qu’elle prenne le parti des opprimés et non celui des oppresseurs. Nous autres démocrates marocains nous attendons du prochain président de la république française qu’il soit à nos côtés, qu'il se porte au secours des nôtres, menacés dans leurs vies ou dans leurs libertés et qu’il œuvre pour la cause de la démocratie partout dans le monde et notamment au Maroc - au lieu de continuer de veiller, comme ses prédécesseurs, de droite comme de gauche, sur le maintien du statu quo postcolonial.
SOURCE http://libres-pensees.dans.le-vent.over-blog.com/
Karim R’Bati : Outlandish, le 23 avril 2012
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